Quelle est l’empreinte carbone du streaming ?
Article actualisé le 16/02/2026
Vidéos à la demande, musique en ligne… Au quotidien, nous passons d'un écran à l'autre, d'un flux de streaming à l'autre. Pourtant, derrière ces pratiques courantes, devenues des loisirs, se cache une problématique environnementale que l'on ne peut plus ignorer. Voici quelques clés pour comprendre et calculer votre empreinte carbone numérique et ainsi faire le bilan de vos usages en streaming.
Le streaming, c’est quoi ?
Le streaming, flux de lecture en continu
Le streaming vient du verbe anglais « to stream », qui signifie « diffuser en continu ». C’est ce principe que l’on retrouve sur Internet, qui permet de visionner ou d’écouter du contenu en direct. Et sans avoir à télécharger le fichier en question !
Les plateformes de streaming les plus connues sont les plateformes destinées à la vidéo à la demande, aux jeux vidéo, mais aussi à la musique ou la radio.
Les usages en France et dans le monde
Quelques chiffres pour se faire une idée de l’empreinte carbone numérique liée au streaming : aujourd’hui, près de 5,5 milliards de personnes utilisent Internet dans le monde (environ 70 % de la population). En France en 2025, 94 % des habitants sont internautes et 84 % se connectent chaque jour.
Dans les usages constatés, la vidéo domine : plus de la moitié du trafic entrant chez les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) provient de cinq grands acteurs du streaming et des réseaux de diffusion de contenus (CDN), un indicateur concret du poids du streaming.
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Quel est l’impact carbone du streaming ?
La pollution générée par le numérique
En France, l’empreinte carbone du numérique représente environ 4,4 % des émissions de gaz à effet de serre, depuis la prise en compte des centres de données situés à l'étranger qui hébergent une grande partie des usages français.
Contrairement à une idée reçue, cet impact ne provient pas uniquement des réseaux ou des services numériques : il résulte à la fois de la fabrication des équipements (smartphones, ordinateurs, TV connectées, etc.) et du fonctionnement continu des data centers, dont l'alimentation et le refroidissement constituent une source importante d'émissions.
Une empreinte carbone invisible mais pas nulle
Dans nos usages quotidiens, on oublie souvent que le streaming n’a rien d’« immatériel ». Comme évoqué plus haut, le calcul du bilan carbone lié au streaming est surtout impacté par les infrastructures nécessaires pour le fonctionnement des plateformes.
Derrière une vidéo lancée en quelques secondes, toute une chaîne s’active : nos appareils, les réseaux qui transportent les données (fibre, Wi‑Fi, 4G/5G) et les centres de données où les contenus sont hébergés.
Même si tout se passe en arrière‑plan, le système mobilisé pour rendre une vidéo accessible à tout moment consomme de l’énergie. C’est ce fonctionnement permanent qui fait qu’une activité en apparence légère a malgré tout une empreinte carbone bien réelle.
La consommation énergétique du streaming
En octobre 2024, l’ARCOM, en collaboration avec l’ARCEP et l’ADEME, a publié la première étude officielle qui évalue l’empreinte environnementale des usages audiovisuels en France. Cette étude montre que ces usages, dont le streaming vidéo, représentent 0,9 % de l’empreinte carbone totale du pays, soit 5,6 millions de tonnes de CO₂e, ce qui correspond à environ un tiers de l’empreinte carbone du numérique.
À l’échelle d’un usage, une heure de streaming engendre entre 6 et 57 g CO₂e, selon le terminal utilisé, la qualité d’affichage et le type de connexion (Wi‑Fi ou réseau mobile). Cela équivaut à l’impact d’un TGV qui roule sur 2 à 20 km. Ces ordres de grandeur sont issus de la même étude publique et peuvent être complétés, pour des cas individuels, via l’outil Impact CO₂ de l’ADEME.
Bon à savoir :
- Le Gouvernement met à disposition une page officielle qui recense divers outils de mesure et d’écoconception, dont Carbonalyser, une extension de navigateur qui calcule en temps réel l’impact de votre navigation. Un bon outil pour prendre conscience de son empreinte numérique.
- Réduire le poids d’une vidéo avant de la mettre en ligne diminue significativement l’énergie nécessaire pour la diffuser. De nombreux outils en ligne gratuits permettent de compresser une vidéo sans perte visible de qualité.
Comment réduire l’empreinte carbone du streaming ?
Streaming : calculer et réduire son empreinte carbone
Le bilan carbone personnel de chacun dépend de plusieurs critères, et comprendre ce qui l'alourdit permet déjà de mieux le réduire. Tout d’abord, l’appareil utilisé joue un rôle déterminant : regarder une vidéo ou écouter de la musique n’a pas le même impact selon l’écran choisi. Les téléviseurs figurent parmi les appareils les plus gourmands en énergie, de par la taille des écrans et les technologies d’affichage.
Autre point clé : la connexion. Le streaming consomme moins lorsqu’il passe par le Wi‑Fi, plus sobre que les réseaux mobiles (4G et 5G), qui demandent davantage d’énergie. Regarder une vidéo sur smartphone via réseau mobile augmente donc naturellement l’empreinte carbone.
Mais ne désespérez pas, réduire son empreinte carbone, c’est possible ! Choisissez une résolution adaptée (la 4K n’est pas toujours utile), lorsque c’est possible, optez pour un appareil plus compact, connectez‑vous en Wi‑Fi et renouvelez vos équipements le moins souvent possible. Vous pouvez également faire recycler, réparer ou réemployer vos appareils électroniques lorsque vous ne les utilisez plus : ces démarches permettent de prolonger leur durée de vie et de limiter la production de déchets.
Bon à savoir :
- La filière française des DEEE (Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques), encadrée par le Ministère de la Transition écologique, garantit une collecte et un traitement responsables des appareils usagés.
- Selon l’ADEME, plus d’un million de tonnes d’objets sont réemployés chaque année grâce aux actions de réparation, de réemploi et de remise en état menées sur le territoire, un geste concret pour réduire l’impact environnemental du numérique.
Un encadrement législatif pour le streaming
À l’échelle collective, parvenir à une forme de sobriété numérique est la condition nécessaire pour respecter l’engagement de l’Accord de Paris : réduire nos émissions polluantes dans les années à venir.
Côté usages audiovisuels, l’Arcom a publié une recommandation (issue de la loi REEN) qui invite les services de télévision, de VOD et les plateformes vidéo à informer leurs utilisateurs sur l’impact environnemental du streaming et à proposer des réglages plus sobres (qualité vidéo adaptée, désactivation de la lecture automatique, etc.). Un premier bilan de cette recommandation a été publié fin 2025.
Les initiatives d’entreprises pour réduire leur empreinte carbone
Du côté des entreprises concernées, la plupart des acteurs du numérique engagent désormais des actions de réduction de leurs émissions, notamment via l’amélioration de l’efficacité énergétique et un recours croissant aux énergies renouvelables. Ces démarches s’inscrivent dans un mouvement plus large soutenu par les politiques publiques françaises, en particulier le programme France 2030, qui accompagne la décarbonation des infrastructures numériques et industrielles.
Prendre conscience de ce qui se cache derrière le streaming, accessible en un clic, est déjà un premier pas pour calculer et réduire son empreinte carbone.
Et vous, quels sont les ajustements que vous êtes prêts à faire dans vos usages du quotidien ?
Bon à savoir :
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- Union internationale des télécommunications — UIT/ONU, ITU Facts & Figures 2024 : https://www.itu.int/en/mediacentre/Pages/PR-2024-11-27-facts-and-figures.aspx 1 .
- Baromètre du numérique 2025 : https://www.economie.gouv.fr/cge/barometre-du-numerique-0 2 .
- Référentiel des usages numériques 2025 : https://www.arcep.fr/fileadmin/user_upload/pole-numerique-arcep-arcom/Referentiel-usages-numeriques-2025-arcep-arcom.pdf 3 .
- https://ecoresponsable.numerique.gouv.fr/actualites/actualisation-ademe-impact/ 4 .
- https://librairie.ademe.fr/economie-circulaire-et-dechets/7667-etude-de-l-impact-environnemental-des-usages-audiovisuels-en-france.html#product-features 5 .
- https://impactco2.fr/outils/numerique 6 .
- https://ecoresponsable.numerique.gouv.fr/publications/boite-outils/ 7 .
- https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/equipements-electriques-electroniques-deee 8 .
- https://librairie.ademe.fr/economie-circulaire-et-dechets/8548-reemploi-reutilisation-des-produits-donnees-2023-des-eco-organismes.html 9 .
- https://www.arcom.fr/se-documenter/etudes-et-donnees/etudes-bilans-et-rapports-de-larcom/bilan-dapplication-de-la-recommandation-issue-de-larticle-26-de-la-loi-visant-reduire-lempreinte-environnementale-du-numerique 10 .
- https://www.economie.gouv.fr/france-2030 11 .
- Avec les offres d'électricité verte, vous avez la garantie que l’équivalent de votre consommation électrique est injecté en électricité produite à partir de sources d’énergies renouvelables (énergie solaire, hydraulique, éolienne,...) sur le réseau électrique. Pour assurer une traçabilité de l’électricité renouvelable pour ses clients, EDF utilise le mécanisme des garanties d’origine. Il existe un Registre National des Garanties d’Origine géré par un organisme indépendant. Une garantie d’origine émise sur le Registre certifie que 1 000 kWh d’électricité renouvelable ont été injectés sur le réseau électrique. 12 .
