3 idées reçues sur la pompe à chaleur : consommation, bruit, rentabilité
Article actualisé le 25/11/2025
Est-ce qu’une pompe à chaleur (PAC) consomme beaucoup d’électricité ? Est-ce qu’elle résiste au froid ? Est-elle vraiment rentable ? Il y a beaucoup d’idées reçues qui circulent sur la PAC. Dénouons le vrai du faux avec Anas Jaballah, Responsable de programme Efficacité énergétique à la R&D d’EDF.
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À retenir
- Remplacer une chaudière par une pompe à chaleur peut réduire la consommation de chauffage de 50 à 70 %.
- Une pompe à chaleur produit en moyenne 3 kWh de chauffage pour seulement 1 kWh d’électricité consommé.
- Le coefficient de performance (COP) d'une PAC est généralement de 3 à 5, indiquant sa haute efficacité énergétique.
- Une pompe à chaleur reste performante même par temps froid, avec un COP supérieur à 2 jusqu'à -5°C.
- Les pompes à chaleur récentes sont jusqu'à 5 fois plus silencieuses que les anciens modèles.
Idée reçue n°1 : la pompe à chaleur n’est pas performante
Est-ce qu'une pompe à chaleur consomme beaucoup d'électricité ?
Une pompe à chaleur a besoin d'électricité pour fonctionner. Mais elle restitue beaucoup plus d'énergie qu'elle n'en consomme ! "Quand une pompe à chaleur air/eau consomme 1 kWh d’électricité, elle produit en moyenne 3 kWh pour le chauffage - soit au moins 3 fois plus", précise Anas Jaballah.
Pour désigner la performance d’une pompe à chaleur, on parle de COP ou Coefficient de performance. "Les pompes à chaleur air/air et air/eau affichent souvent des COP compris entre 3 et 4. Avec une pompe à chaleur de type géothermique, le COP est compris entre 4 et 5. C'est nettement plus performant que les convecteurs électriques traditionnels ou que le chauffage au gaz classique (qui ont des COP autour de 1)" , précise Anas. En résumé, plus le coefficient est élevé, plus la pompe à chaleur est efficace et permet de réaliser des économies d'énergie.
Des coefficients de performance fluctuants selon la température de l’air
Etant donné que les pompes à chaleur aérothermiques (de type air/air ou air/eau) « puisent leur énergie » dans l'air environnant, leur performance dépend de la température extérieure :
- En hiver quand il fait -7°C dehors, le COP d’une pompe à chaleur air/eau sera de 2 en moyenne.
- A la mi-saison, avec une température extérieure de 10°C, le COP d’une pompe à chaleur air/eau est de 4,5 à 5,5 et de 5 à 6 pour une pompe à chaleur air/air. Ce COP élevé en mi-saison est particulièrement intéressant à relever car c’est justement cette période intermédiaire de chauffe qui est la plus caractéristique dans nos zones tempérées. Et pas les quelques jours de grand froid.
Bon à savoir
En période estivale, la pompe à chaleur air/air (et la pompe à chaleur air/eau ou géothermique dans certaines configurations) est réversible : elle devient une solution de rafraichissement pour les jours les plus chauds.
Que signifie le SCOP affiché sur une pompe à chaleur ?
Comme on l'a vu précédemment, le COP permet d’évaluer la performance d’une pompe à chaleur à un instant donné, selon des conditions extérieures et intérieures de températures bien définies. En tant qu’indicateur ponctuel, il ne tient pas compte des fluctuations du climat sur toute la période de chauffe et ne permet pas de correctement comparer les produits entre eux. C’est pour cette raison que l’étiquetage énergétique obligatoire (Directive Européenne « Energy Related Product ») se base sur d’autres indicateurs, en particulier le SCOP (coefficient de performance saisonnier). Cet indicateur prend en compte les performances de la pompe à chaleur sur l’ensemble d’une saison de chauffage selon un climat de référence. Sur l’étiquette énergétique, la valeur du SCOP est donnée telle quelle s’il s’agit d’une pompe à chaleur air/air. En revanche, les pompes à chaleur sur vecteur eau (air/eau) ont une étiquette énergétique commune avec les chaudières à énergie fossile : l’indicateur de référence est l’efficacité énergétique saisonnière, exprimée en énergie primaire.
A l’heure actuelle, le SCOP ou l’efficacité énergétique saisonnière sont indiqués sur l’étiquette directement et/ou sous forme d’une lettre sur une échelle de A+++ à D (A+++ étant la meilleure note).
A noter qu’une refonte complète de cette échelle devrait bientôt avoir lieu pour aboutir à une échelle de A à G.
Les pompes à chaleur ne fonctionnent pas en hiver
Encore une idée reçue : les pompes à chaleur marcheraient mal quand il fait très froid. C'est faux, comme l'explique Anas. "Dans notre laboratoire, nous avons la possibilité de tester les pompes à chaleur dans des conditions extrêmes. Avec nos équipements, nous pouvons conditionner des températures comprises entre +45°C et -20°C". Les mesures faites à très basses températures restent satisfaisantes. “La production de chaleur et d'eau chaude est assurée quelle que soit la température extérieure. Même si la pompe à chaleur voit sa performance baisser par temps froid, c’est peu impactant sur sa performance globale annuelle. A -5°C de température extérieure, le coefficient de performance d’une pompe à chaleur (air/air ou air/eau) reste supérieur à 2, ce qui siginifie qu'on consomme encore deux fois moins qu'avec un chauffage électrique ou une chaudière gaz.»
Et pendant les heures les plus froides de l’année, une résistance électrique intégrée peut augmenter la chaleur produite par la pompe à chaleur pour assurer le confort. En sachant que la durée de fonctionnement de ce chauffage d’appoint est finalement très limitée, en raison du faible nombre de jours à très basse température dans une année.
L'info en + :
Connaissez-vous les pompes à chaleur géothermiques ? Elles puisent les calories dans le sol pour produire le chauffage et l'eau chaude sanitaire. Plus coûteuses à l’achat, elles sont particulièrement performantes en climats très froids.
Le saviez-vous ?
Les pays du Nord de l’Europe sont ceux qui comptent le plus de pompes à chaleur ramenées au nombre de foyers : environ 650 PAC pour 1 000 habitations en Norvège et plus de 500 PAC pour 1 000 habitations en Finlande ! Par comparaison, on compte environ 150 PAC pour 1 000 habitations en France.
Idée reçue n°2 : la pompe à chaleur est bruyante et encombrante
Est-ce qu'une pompe à chaleur fait beaucoup de bruit ?
Alors si les pompes à chaleur « font beaucoup parler d’elles », elles n’en demeurent pas moins de plus en plus discrètes. Elles sont aujourd’hui 3 à 5 fois plus silencieuses que les premières générations. « Les pompes à chaleur ont des niveaux de puissance acoustique inférieurs de 10 à 15 dB(A) par rapport aux anciens modèles. Le bruit extérieur est à présent très faible : on ne les entend quasiment plus à quelques mètres de distance », souligne Anas.
L'info en + :
Quand on parle de bruit de pompes à chaleur, il s'agit en général de bruit extérieur, provenant principalement des compresseurs et des ventilateurs présents dans les unités extérieures (des PAC air/air et air/eau).
Les pompes à chaleur sont encombrantes
Dans les appartements, la place disponible pour positionner la pompe à chaleur peut être un problème. Pour y remédier, les fabricants développent également des solutions innovantes qui permettent de rendre les pompes à chaleur plus compactes ou modulaires. « Et à la R&D d’EDF nous travaillons sur des modèles très compacts adaptés aux petites surfaces pour les logements collectifs », précise Anas.
En maison individuelle, les unités extérieures sont généralement placées à l’arrière ou sur le côté des maisons. Si besoin, il existe des caches esthétiques pour les dissimuler.
Idée reçue n°3 : la pompe à chaleur, c'est cher et pas rentable
Le prix moyen d'une pompe à chaleur, venant en remplacement d’une chaudière existante, se situe entre :
- 10 000 et 16 000 euros pour une PAC air/eau.
- 2 000 et 5 000 euros pour une PAC air/air.
Rappelons que certains de ces modèles ont un double usage avec la production d’eau chaude sanitaire, voire triple, avec une fonction de rafraîchissement. C'est certes un investissement, mais on peut le rentabiliser sur la durée. Avant de l’installer, renseignez-vous sur les aides financières dont vous pouvez bénéficier, comme la prime énergie d’EDF et l’aide d’Etat MaPrimeRénov’, qui ont l'avantage d'être cumulables.
Quelles économies d'énergie peut-on faire avec une pompe à chaleur ?
Les économies réalisées grâce une pompe à chaleur sont importantes, comme l'explique Anas Jaballah : "Si vous remplacez tous vos radiateurs électriques par une pompe à chaleur air/air, les économies d’énergie annuelles réalisées pourront avoisiner les -60 %. Et dans le cas d’un remplacement d’une chaudière au gaz ou au fioul par une pompe à chaleur air/eau, la réduction de la consommation de chauffage annuelle sera de l’ordre de 50 à 70 %, soit jusqu'à 40 % d’économies sur votre budget chauffage !
Avant de passer à la pompe à chaleur : besoin de faire le point sur la consommation énergétique de votre logement actuel ou futur ? Réalisez votre bilan en 4 minutes à l'aide de notre simulateur en ligne Mes Ecos & Moi.
- https://www.ehpa.org/wp-content/uploads/2024/02/Figures-for-2023-heat-pump-data-launch_FINAL_European-Heat-Pump-Association.pdf 1 .
- Source EDF R&D, août 2025 - Estimation de gain moyen sur le poste chauffage en remplaçant une chaudière au fioul ou au gaz par une pompe à chaleur air/eau. Gains TTC : réalisés sur les trois dernières années pour un client en maison individuelle moyennement isolée, avec un besoin de chauffage moyen de 15MWh / an et calculés sur la base des tarifs suivants : TRV option Base (électricité), prix repère CRE (gaz) et données du SDES (fioul). Période de chauffe du 1er octobre au 1er mai. 2 .
