DPE consommation : bien l'interpréter pour réaliser des économies
Article actualisé le 03/03/2026
Créé en 2006, et régulièrement amélioré, le diagnostic de performance énergétique (DPE) est devenu un document immobilier de référence ! Il fournit des estimations clés sur la performance énergétique du logement, ainsi que des recommandations de travaux pour faire des économies d'énergie et réduire les émissions de gaz à effet de serre. À l’ordre du jour : définitions, explications, prix et astuces.
DPE 2026 : ce qui change pour votre logement
Depuis le 1er janvier 2026, le DPE se modernise pour devenir plus juste. Voici l'essentiel à retenir en un coup d'œil :
- Le changement clé : le mode de calcul est revu pour ne plus pénaliser les logements chauffés à l'électricité, une énergie peu carbonée.
- L'impact majeur : 850 000 logements sortiront du statut de "passoire énergétique" (classes F et G).
- Le résultat : un diagnostic plus fiable et plus complet de votre bien.
Qu'est-ce que le Diagnostic de performance énergétique (DPE) ?
Le DPE évalue la performance énergétique et l’impact climatique d’un logement ou d’un bâtiment tertiaire. Cette étude est obligatoire pour toute vente ou mise en location d’un bien immobilier, neuf ou ancien. Le diagnostic permet de comparer les performances des logements entre eux à partir d’un scénario de référence d’utilisation des usages énergétiques commun à toutes les études en résidentiel.
A quoi sert le DPE ? Son intérêt, ses objectifs
Plus qu’un simple diagnostic, le DPE est un outil qui :
- Classe les logements selon leur performance énergétique et leurs émissions de gaz à effet de serre (DPE A = très performant à G = mauvaise performance), facilitant ainsi les comparaisons entre logements,
- Identifie les « passoires énergétiques » (classes F et G), et impose des conditions particulières, notamment pour leur location,
- Indique des objectifs et des recommandations de priorités de travaux de rénovation énergétique.
Le niveau de performance énergétique (classe DPE) d’un logement individuel peut impacter son prix, tant à la hausse qu’à la baisse.
Que contient le DPE ? La carte d'identité de votre logement
Le DPE regorge d’informations utiles !
- Données administratives : coordonnées, date et validité du DPE (10 ans), référence ADEME,
- Identification du logement : type, année de construction, surface habitable,
- Performance : étiquettes DPE (A à G) énergie et climat,
- Consommation conventionnelle d’énergie (selon un scénario de référence d’utilisation des usages énergétiques commun à toutes les études en résidentiel, en kWh, euros et pourcentage) : chauffage, production d’eau chaude, climatisation, éclairage et auxiliaires,
- Représentations visuelles : déperditions thermiques selon les types de parois (toiture, murs, plancher bas) et par renouvellement d’air, efficacité de l’isolation et des équipements énergétiques (chauffage, production d’eau chaude, ventilation),
- Scénarios de travaux : recommandations et économies potentielles associées,
- Annexes : fiche technique.
Calcul du DPE : comment est estimée la performance énergétique de votre logement ?
Le calcul du DPE est fondé sur une méthodologie précise :
- Un technicien relève sur place les caractéristiques de votre habitation (mode de construction, isolation, équipements énergétiques, etc.),
- Ces données sont intégrées dans un logiciel spécifique qui détermine la classe DPE (A à G) du logement, en estimant la consommation conventionnelle annuelle d’énergie en énergie primaire (Cep, en kWh ep/m2.an) et les émissions annuelles de gaz à effet de serre (en kg eqCO2/m2.an),
- Le diagnostiqueur analyse les points faibles du bâtiment, suggère des travaux et simule les économies qu’ils permettraient, ainsi que l’étiquette DPE, après rénovation énergétique du logement.
DPE logement ancien ou DPE logement neuf : le jeu des différences
Dans le neuf aussi, le DPE demeure obligatoire ! Toutefois, en l’absence d’un logement physique, il s’établit à partir :
- Des plans du bâtiment,
- Du récapitulatif standardisé de l’étude thermique, imposée par la réglementation environnementale (RE2020),
- De l’attestation de prise en compte de la RE2020.
Le DPE neuf ne propose pas de recommandations de travaux.
Bon à savoir
Découvrez nos astuces pour sélectionner des solutions de travaux adaptées à votre logement et améliorer ainsi votre classement DPE.
Un nouveau DPE en 2024
La méthodologie du DPE a régulièrement évolué, permettant des évaluations de plus en plus précises. Bien que les changements majeurs aient été opérés en 2021 (amélioration de la méthode de calcul 3CL du DPE), des mesures ou ajustements complémentaires ont été mis en place en juillet 2024 pour les logements d’une surface de moins de 40 m2 (cf Arrêté du 25 mars 2024 publié au JO du 20 avril 2024, modifiant les seuils des étiquettes du diagnostic de performance énergétique pour les logements de petites surfaces et actualisant les tarifs annuels de l'énergie )
Une méthode de calcul du DPE revisitée
À ses débuts, le DPE était plutôt sommaire. Il était conçu pour fournir rapidement des résultats, sans exiger l’expertise d’un thermicien. Depuis, des versions plus fiables sont apparues en 2012 et 2021.
Aujourd’hui, le DPE se caractérise par :
- Un classement avec attribution d’une seule étiquette DPE (A à G), regroupant les 2 étiquettes DPE énergie et climat (double-seuil),
- Une méthode de calcul de consommation conventionnelle du logement (3CL) centrée sur les caractéristiques du logement et des équipements énergétiques (chauffage, production d’eau chaude, climatisation, éclairage et auxiliaires), supprimant les anciennes méthodes (sur factures ou DPE vierge)
- Des recommandations de travaux énergétiques,
- Une opposabilité, en cas de litige.
NB : Les DPE réalisés avant le 30 juin 2021 (c’est-à-dire selon l’ancienne méthode de calcul 3CL-DPE d’avant 2021) ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025.
Une consommation conventionnelle, plus factuelle que réelle !
Les estimations du DPE (méthode de calcul de consommation conventionnelle) ne reflètent jamais votre consommation réelle d’énergie. En effet, la méthode de calcul conventionnel du DPE (méthode 3CL) ne prend pas en compte vos habitudes de vie ni votre façon d’utiliser le chauffage. Elle se fonde sur les caractéristiques thermiques (isolation) des murs, plafonds, sols et fenêtres, l’efficacité des équipements de chauffage, de production d’eau chaude, de refroidissement, de ventilation et des auxiliaires, le tout selon des scénarios standardisés d’occupation du logement et d’utilisation des équipements.
Une meilleure évaluation de la consommation pour les petits logements
En France, 34 % des logements de moins de 30 m² sont classés en F ou G. En cause : une consommation annuelle d’énergie évaluée en kWh par m². Or, certains besoins énergétiques, comme l’eau chaude, restent constants indépendamment de la taille de l’habitation. En effet, la consommation d'eau chaude sanitaire dépend directement du nombre d'occupants et de leurs habitudes de consommation. Elle devient prépondérante lorsque la taille du logement diminue à nombre d'occupants constant. C’est pourquoi le gouvernement a réajusté plus équitablement les critères des étiquettes DPE des petites surfaces résidentielles.
Quel est le prix d'un DPE et qui en a la charge ?
Le prix du DPE varie selon la surface du logement, sa localisation et le choix du professionnel. Son tarif oscille entre 100 et 250 €. Il est toujours à la charge du propriétaire.
Attention
Seuls les professionnels certifiés peuvent effectuer un DPE. Pour trouver facilement une personne habilitée, vous pouvez consulter l’annuaire des diagnostiqueurs immobiliers.
Que signifient les différentes classes DPE A, B, C, D, E, F et G ?
Si la classification des diagnostics DPE est désormais bien comprise, A représentant la meilleure classe et G la moins bonne, quelques clarifications supplémentaires s’imposent ! Décryptage.
Classes DPE A, B et C : des modèles d’efficacité énergétique
Près de 30 % des logements en France sont classés en A, B ou C. Ces étiquettes DPE correspondent à des bâtiments bien isolés et performants. Les classes DPE A, B, C correspondent à des valeurs de consommation conventionnelle d’énergie primaire Cep inférieures à 180 kWh ep/m² par an et d’émissions de gaz à effet de serre inférieures à 30 kg eqCO2/m² par an.
Classes DPE D et E : des logements en quête d’amélioration
Les classes D et E représentent 55 % des logements en France. Ni économes ni excessivement énergivores, les classes DPE D et E correspondent à des valeurs de consommation conventionnelle d’énergie primaire Cep comprises entre 181 et 330 kWh ep/m² par an et d’émissions de gaz à effet de serre comprises entre 31 et 70 kg eqCO2/m² par an. Des travaux de rénovation énergétique sont nécessaires pour les hisser en haut du classement, notamment pour les bâtiments en E qui souffrent déjà d’une dépréciation de leur prix de vente.
Classes DPE F et G : les passoires thermiques
Les passoires thermiques représentent environ 5,2 millions de résidences principales, soit 17 % du parc immobilier résidentiel. Les classes DPE F et G correspondent à des valeurs de consommation conventionnelle d’énergie primaire Cep supérieures à 330 kWh ep/m² par an et d’émissions de gaz à effet de serre supérieures à 70 kg eqCO2/m² par an. Ces bâtiments sont une priorité pour l’État qui accordent des aides importantes pour encourager leur rénovation énergétique.
Réduisez votre consommation en ciblant les bons travaux grâce au DPE
Votre habitation est classée en E, F ou G ? Voici les travaux incontournables pour améliorer le diagnostic de performance énergétique de votre logement.
- Isolation thermique : en commençant par la toiture, les murs, les fenêtres et les planchers bas.
- Ventilation : c’est essentiel pour la qualité de l’air, mais aussi pour bien chauffer.
- Chauffage et production d'eau chaude efficaces : pompe à chaleur, chaudière bois, chauffe-eau solaire ou thermodynamique, radiateurs électriques économiques, etc.
DPE location : des interdictions pour les habitations énergivores
À terme, seuls les logements en catégorie A, B et C seront disponibles à la location ! Depuis le 1er janvier 2025, il n’est plus possible de mettre en location un bien immobilier de classe G. Cette exigence deviendra plus restrictive avec le temps, car elle s’appliquera aux classes F en 2028, et E en 2034.
Par ailleurs, depuis août 2022, la loi « Climat et Résilience » interdit toute hausse de loyer pour les habitations classées F et G, s’appliquant aux nouveaux baux, aux renouvellements et aux reconductions tacites.
Maîtriser sa consommation d'énergie avec un DPE bas : comment faire mieux ?
Améliorer son DPE et réduire sa consommation sans engager de lourds travaux, c’est possible dans certains cas. Par exemple, l’installation d’un thermostat programmable permet de réaliser jusqu’à 15 % d’économies d’énergie.
D’autres actions simples peuvent également être adoptées :
- Fermer les volets la nuit,
- Poser des rideaux épais et des joints d’isolation aux fenêtres, ainsi que des bas de porte pour les portes donnant sur l'extérieur,
- Entretenir régulièrement les installations (purge des radiateurs à eau par exemple),
- Placer des réflecteurs derrière les radiateurs, sur les murs donnant sur l'extérieur,
- Réduire la consigne de chauffage.
Astuce
Installer un poêle à bois et des plaques isolantes sont des moyens très efficaces pour réduire le montant de votre facture de chauffage.
En somme, de simples gestes au quotidien peuvent considérablement diminuer votre consommation d'énergie. Et réaliser des travaux de rénovation énergétique (améliorer l’isolation thermique des parois et/ou changer les fenêtres et équipements pour une meilleure efficacité thermique) permet d’améliorer la performance énergétique de votre logement c’est-à-dire la classe du DPE. .
De plus, de nombreuses aides à la rénovation sont disponibles (la Prime énergie d'EDF, MaPrimeRénov', éco-PTZ, TVA à 5,5 %, etc.).
