Biométhane : une énergie renouvelable, bénéfique pour la France
Guerre en Ukraine, crise climatique, augmentation du prix de l’énergie… sans nul doute, le contexte actuel est instable. Mais plutôt que de se focaliser sur les difficultés, dans cet article, nous avons choisi de vous présenter l’une des solutions pour diminuer la dépendance énergétique au gaz de la France. Zoom sur le biométhane, un biogaz certifié local.
Biométhane, biogaz, méthanisation… de quoi parle-t-on ?
Le biométhane est un « gaz vert » issu de la fermentation des déchets organiques alimentaires, non alimentaires et végétaux. On vous dit tout sur cette énergie renouvelable.
Qu’est-ce que le biométhane ?
Et si nos déchets pouvaient produire de l’énergie ? De cette idée est née la « méthanisation ». Pour comprendre ce qu’est le biométhane, il convient de le distinguer du biogaz.
La composition du biogaz, riche en méthane et en dioxyde de carbone, en fait un excellent combustible. Dans les centrales de cogénération, il sert à produire de la chaleur pour créer de l’électricité, qui sera injectée dans le réseau de distribution. La chaleur est réutilisée pour chauffer des bâtiments collectifs ou par les agriculteurs, dans le cas d’une méthanisation agricole.
Pour être injecté dans le réseau de distribution de gaz, le biogaz doit être purifié. C’est ainsi qu’il devient du « biométhane » : un gaz naturel et un carburant, le bioGNV (biogaz naturel pour véhicules).
Comment produire du biogaz ?
La production du biogaz est réalisée à partir de la décomposition de matières organiques diverses :
- déchets agricoles (lisiers, résidus de cultures, etc.) ;
- déchets industriels (abattoirs, laiteries, etc.) ;
- biodéchets (déchets verts et ordures ménagères) ;
- effluents et boues des stations d’épuration.
Ces résidus sont triés, broyés et stockés dans une cuve hermétique sans oxygène (anaérobie) maintenue à 38 °C, appelée « méthaniseur » ou « digesteur ». Ces conditions optimisent la prolifération des bactéries qui dégradent les déchets. Acides gras, aminés, acétiques, méthane… après plusieurs transformations, le biogaz est créé !
La matière résiduelle non digérée, appelée « digestat », est également récupérée, car elle constitue un engrais naturel de qualité.
Production de biogaz : une valorisation à fort potentiel
Avec 130 millions de tonnes de matière brute, le potentiel de la méthanisation à l’horizon 2030 est estimé à 56 GWh (1). L’avenir de la production du biogaz en France semble donc plutôt favorable.
Les chiffres-clés prometteurs de la méthanisation
Quelques chiffres pour mieux comprendre les enjeux du biogaz et de la méthanisation :
- 15 000 tonnes de déchets permettent de chauffer 500 maisons en gaz biométhane ou d’alimenter 60 bus urbains en carburant GNV (2) ;
- avec 11 TWh en 2021, la production du biogaz a augmenté de 27 % en 1 an. Cette énergie se répartit en 37 % de chaleur, 27 % d’électricité et 36 % de biométhane (1) ;
- Au 30 juin 2022, 966 centrales biogaz ont été raccordées au réseau de distribution d’électricité et 442 installations ont injecté du gaz biométhane dans le réseau de distribution (1).
Biogaz… de nombreux avantages et quelques inconvénients
Zoom sur les avantages et les inconvénients du biogaz et du biométhane.
Les avantages :
- une production de chaleur, d’électricité, de biométhane, de carburant et de fertilisant avec une seule énergie ;
- des coûts de traitement des déchets deux fois moins élevés que l’incinération ou l’enfouissement (2) ;
- des émissions de gaz à effet de serre réduites. L’injection d’un kilowattheure de biométhane dans le réseau de distribution de gaz évite le rejet d’environ 200 grammes de CO2(2).
Les inconvénients :
- des odeurs, mais elles ne sont perceptibles qu’au moment du transport et du stockage des déchets ;
- un fertilisant volatil qui contient de l’ammoniac. Toutefois, des règles strictes d’épandage ont été instaurées.
- Un risque de concurrence entre la production de gaz à partir de biomasse et la vocation alimentaire de l'agriculture. C’est pourquoi le recours de cultures destinées à la méthanisation est encadré par la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 qui prévoit que « les installations de méthanisation de déchets non dangereux ou de matières végétales brutes peuvent être approvisionnées par des cultures alimentaires dans la limite de seuils définis par décret »(3).
Le biométhane est-il la solution d’avenir du gaz en France ?
En 2030, le biogaz devrait couvrir 10 % de la consommation de gaz en France (2). L’État décèle en cette énergie renouvelable une opportunité de se substituer au gaz naturel fossile, qui est actuellement importé à 99 %.
Méthanisation agricole : des perspectives pour nos agriculteurs
Le biogaz provient à 90 % de la méthanisation de matières agricoles ! (1) La méthanisation agricole est donc un véritable levier pour la décarbonation de l’énergie en France.
En plus de guider les agriculteurs vers des méthodes plus respectueuses de l’environnement, le biogaz leur offre également plusieurs avantages :
- une valorisation des déchets en chaleur pour chauffer leurs bâtiments, sécher le foin, etc. ;
- des économies sur l’achat d’engrais industriels, en utilisant un fertilisant naturel « gratuit » ;
- une rente, avec la revente éventuelle du surplus de production de biogaz.
Le biométhane au cœur des territoires… des projets à impact !
L’État cherche à impliquer les territoires et les entreprises dans les projets de méthanisation agricole. Dans le cadre du plan France Relance, des crédits ont été alloués pour permettre aux collectivités d’assurer localement la promotion du biogaz.
L’exemple de l’unité de triméthanisation-compostage de Chagy (Saône-et-Loire)
La centrale biométhane, d’une capacité de 28 GWh par an, produit du chauffage pour environ 2 500 foyers (soit 58 000 tonnes de CO2 évitées) et près de 27 000 tonnes de compost par an. Ce projet a reçu le soutien financier des collectivités et de l’Ademe (Agence de la transition écologique).
Biogaz et biométhane, une solution d’avenir ? Ce sujet n’a désormais plus de secrets pour vous !
(1) Source : ministère de la Transition énergétique.
(2) Source : chiffres-clés Ademe.
(3) Source : https://www.senat.fr/rap/r20-872/r20-872_mono.html#toc277
